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ETABLE  expérimentale des Verrines,  POITOU-CHARENTES. © inra, Jean-Claude Emile

Des dispositifs expérimentaux ouverts à la communauté scientifique

Patuchev : un dispositif expérimental pour concevoir des systèmes d'élevage caprins autonomes et économes

Le contexte économique de la filière caprine se caractérise par une flambée historique des coûts de production associée à un prix du lait incertain. Dans ce contexte, l’Inra met en place le dispositif expérimental Patuchev pour concevoir des systèmes d’élevage caprins autonomes et économes. Il comparera trois troupeaux conduits avec deux périodes de reproduction différentes et alimentés avec de l’herbe soit fauchée, soit pâturée.

Plaquette Patuchev

Le prix de l’énergie fossile ne cesse d’augmenter depuis les années 1970. La performance énergétique des élevages, fortement liée au mode d’alimentation des chèvres, est donc au cœur d’enjeux environnementaux, économiques et plus globalement sociétaux au regard des attentes des consommateurs pour une alimentation de qualité. Pour concevoir des systèmes d’élevage caprins autonomes et économes, le dispositif expérimental Patuchev cherche à concilier performances environnementale, économique et sociale. Cette expérimentation-système s’inscrit dans les axes prioritaires 2010-2020 de l’Inra et dans le Projet agro-écologique pour la France du ministère chargé de l’Agriculture. Elle consiste à évaluer sur le long terme trois systèmes représentés chacun par un troupeau de 60 chèvres et 10 hectares de surface fourragère : un troupeau avec une période de reproduction saisonnée (mise bas en février) pâturant, et deux troupeaux avec une période de reproduction en contre-saison (mise bas en octobre) : l’un pâturant et l’autre élevé en chèvrerie et alimenté à base de foin.

  

DES CHOIX TECHNIQUES RÉPONDANT À DES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX

Limiter la consommation d’énergie

Des choix techniques ont été faits pour répondre à cet enjeu : la culture de prairies associant plusieurs espèces végétales et le séchage du foin en grange, avec capteur solaire pour maximiser l’ingestion et limiter l’usage des aliments concentrés. Parmi les différentes familles végétales de ces prairies, les légumineuses, capables de capter l’azote présent dans l’air, permettront de limiter l’apport d’engrais azotés dont la fabrication est coûteuse en énergie. Enfin, le parcellaire regroupé limitera les déplacements pour la récolte des fourrages, et le séchage du foin par ventilation consommera moins d’énergie fossile que les autres modes de conservation. Un bilan énergétique et des émissions de gaz à effet de serre sera établi pour chacun des trois troupeaux comparés.

Réduire l’utilisation des produits de synthèse

Grâce à des méthodes alternatives, les pesticides et les médicaments vétérinaires seront utilisés de manière raisonnée. Des rotations culturales de longue durée, l’utilisation de plantes à action anthelminthiques et des traitements ciblés permettront de répondre à cet enjeu. Pour planifier les mises bas, un programme lumineux associé à un « effet bouc » pour la synchronisation sera appliqué.

Favoriser la biodiversité

Les cultures, haies et prairies plantées dans le cadre du projet Patuchev diversifieront le paysage et favoriseront la biodiversité végétale et animale. Les prairies stockeront le carbone et permettront de limiter l’effet de serre. La récupération des eaux de pluie et le traitement des effluents par un filtre à roseaux préserveront la ressource en eau. Le dispositif expérimental prévoit d’évaluer la biodiversité végétale et animale, l’activité biologique du sol et la qualité des eaux.

 

ÉVALUER LES CONSÉQUENCES ÉCONOMIQUES DE CES CHOIX ENVIRONNEMENTAUX

Les enjeux environnementaux sont prioritaires mais sous contrainte de viabilité : chacun des trois systèmes doit être performant, offrir un revenu et un métier attractifs pour l’éleveur et proposer des produits de qualité en lien avec une activité acceptable. Les critères pris en compte seront d’ordre zootechnique (production laitière, reproduction, poids, note d’état corporel, santé et bien-être des animaux), agronomique (production prairies et cultures, effluents, flux et bilans élémentaires, itinéraires techniques) et économique (matière utile produite à l’hectare, marge brute).

 

UN PILOTAGE PARTICIPATIF

Dès sa conception, Patuchev a associé à la réflexion les partenaires professionnels de la filière caprine et la Région Poitou-Charentes. Le dispositif est localisé sur le site des Verrines au sein de l’unité expérimentale Fourrages, environnement, ruminants de Lusignan (Ferlus). Le comité stratégique de Patuchev rassemble des chercheurs de l’Inra, des acteurs du développement, des professionnels de la filière caprine – dont le responsable du Redcap – et la Région Nouvelle-Aquitaine. Il donne les orientations scientifiques, s’assure de la cohérence des choix effectués et veille à la diffusion des résultats. Le comité stratégique est l’instance où se porte un double regard : le point de vue scientifique et celui de la filière. Patuchev est partenaire du Réseau d’excellence caprin (Rexcap) et, dans ce cadre, il s’inscrit en synergie et complémentarité avec le Réseau d’expérimentation et de développement caprin (Redcap) qui a pour mission de développer l’autonomie alimentaire et valoriser la prairie cultivée dans les systèmes d’alimentation des élevages caprins de la région.

L’Inra, l’Institut de l’élevage, les Chambres d’agriculture, le Brilac et l’enseignement agricole organisent la journée technique Cap’vert tous les deux ans à Lusignan. Elle permet aux éleveurs et techniciens de la filière caprine, d’échanger autour d’ateliers thématiques sur la conduite des systèmes caprins valorisant l’herbe et les aliments produits sur l’exploitation. Elle présente également les résultats obtenus dans le cadre du Redcap et de la plateforme expérimentale Patuchev.

Les connaissances produites contribueront à générer de nouvelles solutions souples et adaptables et à développer les approches systémiques pour la conception d’élevages caprins innovants, performants et durables.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Physiologie animale et systèmes d’élevage

Projet PSDR Fleche

Fromages et laits issus d’élevages de chèvres conduites avec de l’herbe

La France est le premier producteur de lait de chèvre en Europe. Le Grand Ouest représente 54% de cette production nationale et près de la moitié de l’effectif de chèvres. Cependant, les systèmes caprins peuvent être fragilisés par leur relative faible autonomie alimentaire. Le projet PSDR Flèche vise ainsi à renforcer la durabilité des filières caprines laitières du Grand Ouest par une plus grande utilisation de l’herbe dans les élevages.

Flèche est basé sur un partenariat fort entre l’Inra et les acteurs du territoire. Il est porté conjointement par l’Inra et l’interprofession régionale caprine (Brilac). Ce projet implique cinq unités de l’Inra et l’Université de Poitiers, alliant ainsi des compétences allant des sciences humaines et sociales à la qualité des produits laitiers en passant par la modélisation. Il s’appuie sur un dispositif de recherche et de développement unique dans le Grand Ouest avec les dispositifs expérimentaux Inra Patuchev (unité expérimentale Ferlus - Lusignan) et de Méjussaume (unité mixte de recherche Pegase - Le Rheu), Actalia, le réseau Inosys-Réseaux d’élevages (Institut de l’élevage et Chambres d’agriculture), ainsi que le Réseau d’expérimentation et de développement caprin (RedCap). L’enseignement agricole (EPL Melle et Agrocampus Ouest) est également impliqué pour créer des modules autour de la mission nationale «Enseigner à produire autrement ».

Les expérimentations système

un type bien particulier d'expérimentation

Patuchev est l'une des 32 expérimentations système de l'Inra. En vue de produire mieux et durablement, ces expérimentations visent à concevoir et évaluer des systèmes agricoles innovants répondant à de nombreux enjeux :

  • environnementaux (diminution des intrants, préservation de l’eau et du sol, réduction des gaz à effet de serre, maintien de la biodiversité, etc.),
  • économiques (viabilité des systèmes),
  • sociaux (impact sur l’organisation du travail).

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