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ETABLE  expérimentale des Verrines,  POITOU-CHARENTES. © inra, Jean-Claude Emile

Des dispositifs expérimentaux ouverts à la communauté scientifique

Transi'marsh : concevoir et évaluer un système de polyculture-élevage en marais, autonome et favorable à la biodiversité

Dans la cadre de son programme d'expérimentation-système Transi'marsh, la ferme expérimentale de Saint-Laurent-de-la-Prée (Charente-Maritime) fait l'objet depuis 2009 d'une transition agroécologique de son système de production. Cette expérimentation vise à construire "pas à pas" un système de polyculture-élevage bovin allaitant innovant, adapté aux contraintes du marais. Il s'agit également d'évaluer sa durabilité au regard d'indicateurs environnementaux, économiques et sociaux.

Vache maraichine dans le marais. © Inra, Claire Le Chanony
Par Service communication INRA Poitou-Charentes
Mis à jour le 30/01/2018
Publié le 31/01/2013

(visite virtuelle de Transi'marsh : cliquer sur les bulles, puis sur "sens de la visite", pour accéder aux diaporamas sonores)

Dépliant Transimarsh

La gestion du système vise à améliorer la biodiversité, la qualité de l'eau et celle du sol, et à augmenter l'autonomie de l'exploitation.

Une ferme sur 160 hectares de prairies naturelles et cultures en zone humide

Objectifs :

  • "Produire" et valoriser la biodiversité (animale et végétale) en marais ; mais aussi réduire l'impact du système sur la qualité de l'eau et améliorer la fertilité des sols,
  • Améliorer l’autonomie de l’exploitation (notamment autonomie alimentaire, mais aussi autonomie de fertilisation et autonomie en paille) en réduisant sa dépendance aux intrants.

La ferme expérimentale de Saint-Laurent-de-la-Prée s’étend sur une Surface agricole utile de 160 ha, localisés à 90 % en marais, dont 45 ha de cultures (blé, triticale, orge, pois/féverole, tournesol, luzerne) sur sols argileux hydromorphes et 115 ha de Surface fourragère principale, dont 103 ha de prairies naturelles fauchées et/ou pâturées.

Le troupeau est composé de 58 mères de race bovine maraîchine et la suite (50 % en vêlage de printemps ; 50 % en vêlage d’automne) ; il est conduit en système naisseur-engraisseur avec production de jeunes animaux et d’animaux engraissés, dont une partie est commercialisée en vente directe sur la ferme.

Cette expérimentation système prend en compte les contraintes pédo-climatiques auxquelles les agriculteurs exerçant en marais font face. Ceci implique de tester et proposer des solutions agroécologiques construites dans un milieu fortement contraint, du fait de ses spécificités. L’eau est la première contrainte du marais. Les conditions hydriques sont particulièrement changeantes en cours d’année, ce qui implique des effets sur la production fourragère (grande variabilité dans les rendements fourragers) et la gestion du pâturage (mise à l’herbe ne pouvant intervenir que début avril due à une faible portance des prairies ; « trou d’herbe » estival ; repousses d’automne aléatoires ; gestion du parasitisme). Les sols argileux hydromorphes imposent également des fenêtres d’interventions culturales restreintes. Les marais offrent donc un terrain de recherche privilégié pour explorer la façon d’appliquer les principes de l’agroécologie tout en les adaptant au contexte local.

Avancer « pas à pas » vers les objectifs fixés

Dans ce dispositif, c’est la méthode de conception dite « pas à pas » qui est privilégiée. La transition s’opère ainsi à travers la révision progressive du système, ce qui implique qu’au fil des années, de nouvelles pratiques agricoles sont expérimentées (ex : changement de date de vêlage, associations céréales-protéagineux, désherbage mécanique, etc…) et de nouveaux aménagements paysagers sont créés (ex : ajout de bandes enherbées autour des parcelles en culture, plantation d’une haie).

Ce programme inclut une phase d’évaluation expérimentale du système testé. Les indicateurs mesurés sont multiples (évaluation multi-critère) :

  1. indicateurs environnementaux : biodiversité en oiseaux, plantes de prairies humides, et insectes, qualité de l'eau, fertilité des sols ;
  2. indicateurs économiques (via une comptabilité agricole) et indicateurs d’autonomie (en aliments, paille, azote) ;
  3. indicateurs sociaux (changement dans le travail des agents sur la ferme du fait de la transition agroécologique).

Sur la base des valeurs prises chaque année par ces indicateurs, un diagnostic est réalisé et un plan d’actions est proposé de façon à souligner ce qui devrait être amélioré en priorité. Les actions sont mises en pratique et les données collectées (pour le calcul des indicateurs). Le plan d’actions est ensuite revu et modifié à la lumière de nouvelles connaissances accumulées sur le système. Ce processus fait intervenir les ingénieurs et techniciens qui font des propositions d’amélioration sur la base de leur expérience passée, de celle qu’ils ont pu acquérir en cours de projet, mais aussi des informations et connaissances acquises au contact des partenaires de l’unité expérimentale, i.e. membres du comité scientifique du projet, techniciens d’institut techniques ou de développement ou agriculteurs.

Contact(s)
Auteur(s) :
Service communication INRA Poitou-Charentes
Autre(s) contact(s) :
Durant Daphné (05 46 82 40 41)