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Zones humides : quelles recherches pour une agriculture durable dans ces milieux spécifiques ?

La journée mondiale des zones humides du 2 février a pour thème « Zones humides et agriculture : cultivons le partenariat ». L’occasion de faire un zoom sur les recherches menées au domaine expérimental de Saint-Laurent-de-la-Prée, au cœur des marais charentais, pour concilier agriculture et environnement.

Prairie de marais au début du printemps. © Inra, Sarah Chadefaux
Par Sarah Chadefaux
Mis à jour le 01/02/2016

Les zones humides sont des milieux entre terre et eau, inondés plus ou moins longtemps par de l’eau douce ou saumâtre. Dispersées sur tout le pays, les zones humides françaises se répartissent en quatre grandes catégories :

  • les marais littoraux,
  • les vallées alluviales,
  • les zones humides intérieures,
  • les tourbières.

Dotées de sols hydromorphes, elles regorgent d’une flore et d’une faune riches et spécifiques et sont également reconnues pour épurer l’eau et réguler les cours d’eau. En grande partie constituées de prairies, elles sont aujourd’hui menacées de dégradation voire de disparition par le drainage, l’intensification agricole, l’endiguement des cours d’eau et l’urbanisation, ou par abandon pur et simple.

L’élevage bovin reste l’activité dominante des grandes zones de marais littoraux atlantiques et de plaines alluviales. Pourtant le nombre de fermes d’élevage et de bovins diminue constamment et des parcelles jugées peu rentables ou trop difficiles à exploiter sont abandonnées. Maintenir des systèmes d’élevage bovins durables, conciliant performances technico-économiques et environnementales, constitue donc un enjeu majeur pour préserver les zones humides.

Un système agricole autonome et favorable à la biodiversité en marais

Depuis cinq ans, le domaine expérimental de Saint Laurent de la Prée mène une expérimentation « grandeur nature » sur ses 180ha et son troupeau de 50 vaches de race Maraîchine. L’équipe applique les principes de l’agroécologie pour concevoir un système de polyculture-élevage innovant et évaluer sa durabilité au regard d'indicateurs environnementaux, économiques et sociaux. La gestion du système vise à améliorer la biodiversité, la qualité de l'eau et des sols d'une part, et augmenter son autonomie d'autre part. Son objectif opérationnel : produire des indicateurs et des références utilisables par les agriculteurs.
> En savoir plus : Saint Laurent en marche vers l'agroécologie

Nid de Vanneau Huppé dans une prairie de marais. © Inra, Pascal Faure
Nid de Vanneau Huppé dans une prairie de marais © Inra, Pascal Faure
Concilier agriculture et conservation des oiseaux communs dans les marais

Dans le cadre du projet national Farmbird, les chercheurs de l’Inra de Versailles-Grignon (UMR Sadapt) et de Saint Laurent de la Prée se sont intéressés aux relations entre pratiques agricoles, composition du paysage, qualité des habitats et biodiversité des oiseaux. Ils se sont penchés sur la conservation du Vanneau Huppé et du Chevalier Gambette, deux petits échassiers limicoles inféodés au marais dont les cycles de vie sont liés aux modes de gestion des prairies. Sur la base des mesures effectuées dans les marais atlantiques et des résultats obtenus, ils proposent un modèle dynamique prédisant les stratégies de pâturage qui concilient à long terme production fourragère et conservation de l’avifaune dans les prairies de marais.
D’autres analyses plus larges réalisées dans le marais poitevin soulignent l’importance de l’hétérogénéité des paysages et de la présence des prairies naturelles dans les espaces cultivés du marais pour favoriser la richesse spécifique et l'abondance des oiseaux communs.
> En savoir plus :
Un modèle de co-viabilité pâturage - oiseaux en marais (4 pages)
Impact des pratiques agricoles sur les oiseaux (diaporama)

Un partenariat avec des éleveurs locaux pour tester la validité des résultats

Depuis 2010, l’équipe de Saint Laurent de la Prée suit une dizaine d’éleveurs du Civam marais mouillé dans les Deux-Sèvres. Les conclusions des analyses réalisées à partir des données zootechniques (pesées et notes d’état corporel des bovins) et floristiques, d’analyses nutritionnelles et des enquêtes annuelles sur les pratiques de fauche et pâturage, sont confrontées aux perceptions des agriculteurs et discutées avec eux pour mettre en place des changements techniques en vue d’améliorer leurs résultats.

Vaches maraichines dans le marais au printemps. © Inra, Sarah Chadefaux
Vaches maraichines dans le marais au printemps © Inra, Sarah Chadefaux
Elevage bovin en zones humides : bilan et pistes d’innovation

Soucieux de développer les connaissances sur les systèmes d’élevage en zones humides, le Ministère chargé de l’Ecologie a confié à l’unité expérimentale de Saint Laurent de la Prée l’animation du projet « Atouts et contraintes de l’élevage en zones humides : bilan et pistes d’innovation » dans le cadre du deuxième Plan national d’action en faveur des zones humides (2010-2013).

Trois types de résultats sont déjà acquis :

La mise en place d’un réseau pluridisciplinaire d’échanges et de réflexion, composé d’une centaine de personnes (chercheurs, acteurs du développement agricole, éleveurs, organismes de gestion des territoires et de l’environnement) représentant la diversité des zones humides littorales, alluviales et de têtes de bassins.

La réalisation d’une synthèse bibliographique des connaissances disponibles sur les atouts et contraintes techniques, économiques et environnementaux des systèmes d’élevage utilisant les zones humides. Elle a permis de :

  • créer une base de données de près de 500 références issues de la littérature scientifique et de la littérature grise sur une grande diversité de zones humides françaises et étrangères ;
  • réaliser des analyses bibliométriques qui ont contribué à identifier les sujets importants à approfondir.

Des pistes de recherche sur différents thèmes :

  • Valeur agronomique des prairies humides ;
  • Viabilité économique des systèmes d’élevage bovins en zones humides ;
  • Gestion durable de la santé animale en zones humides ;
  • Effet des pratiques d’élevage sur la biodiversité.

Un projet de recherche construit en concertation avec les partenaires du réseau pour répondre à l’ensemble des questions posées est en cours d’élaboration.

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Département(s) associé(s) :
Sciences pour l’action et le développement